La chasse en Corse



En Corse, malgré l’exode rural, ce lien avec la nature continue, grâce au point d’ancrage originel que constitue le village, d’imprégner, avec plus de force que jamais, la mémoire collective.

Inutile, dès lors, de préciser que la chasse est, chez nous, une véritable institution. Avec plus de

17 000 détenteurs d’un permis, elle se taille la part du lion. Sa moyenne oscille entre 9 et 10%, soit pas loin de 7% de plus qu’à l’échelle nationale ! Cela signifie qu’en Corse un homme sur cinq pratique la chasse. Comme partout en France où on l’a pratiquée pendant longtemps de manière informelle, cette activité s’est structurée dans l’île à partir de 1941 avec la mise en place des premières fédérations départementales. Près d’un demi-siècle plus tard, en 1994, la création d’un Conseil régional les regroupera. Ce qui n’aura pas trop d’incidence dans l’île qui n’en compte que deux. Mais dissous en 2002, par la loi Voynet, ce Conseil régional s’est mué en Fédération régionale, sans rien perdre de ses attributions.

Elu, le 4 novembre dernier, à la tête de la Fédération régionale de Corse, Paul ETTORI, par ailleurs, Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Corse du Sud, gère, aux côtés de Roger MAUPERTUIS, vice-président de la Fédération régionale et Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute Corse, les chasseurs officiellement recensés. Dans cet univers hermétique, la passion le dispute à la convivialité. A travers un langage et un comportement qui, d’un bout à l’autre de l’île - et toutes générations confondues - leur sont propres, les chasseurs corses et leurs invités se livrent, chaque week-end, à un véritable cérémonial.

Nombre de permis délivrés lors de la saison précédente :
Corse du Sud : 7862
Haute Corse : 8633
Total : 16495

Espèces protégées :
Le mouflon, le cerf (espèce disparue et réintroduite en Corse depuis une dizaine d’années. Le dernier fut tué en 1965 à Aléria).
Ces deux animaux, chassés partout ailleurs en France, bénéficient d’un plan de chasse zéro en Corse , interdisant de les chasser.

Espèces chassables :
Sanglier, Lièvre, Canard, Pigeon, Grive, Bécasse, Perdreau.

Gibier sédentaire :
Sanglier, Lièvre, Gibier d’eau (canard), Lapin (en petite quantité), Perdreau.

Gibier migrateur :
Bécasse, Pigeon, Grive, Merle.

Ouverture et clôture :
Elle varie en fonction des régions et selon les années.
En Corse, la chasse au sanglier est ouverte le 15 août et fermée mi-janvier (date fixée par la fédération régionale).
Le gibier restant peut être chassé à compter du premier dimanche de septembre. Les fermetures varient selon les décrets fixés. Il s’agit, en général de la fin janvier.

Le « box-office » de la chasse :
Sanglier (70%)
Bécasse, perdreau (20%)
Lièvre (environ 2%)
Gibier migrateur (8%)

Les chiens de chasse :
Tous les chiens d’arrêt sont considérés comme étant leveurs et rapporteurs mais on peut séparer ces deux catégories.
Chiens d’arrêt : En Corse, le pointer et le setter sont les plus courants pour l’arrêt, mais on dresse également des braque allemands et français ou des épagneuls.
Retriever (leveurs de gibier) ; le labrador est le plus utilisé devant le teckel ou le spaniel.
Les chiens courants :
Le Cursinu
Compagnon des Corses durant des lustres, ce chien polyvalent garde et chasse à la fois. Son standard particulier (robe, port de la queue, taille) fait de lui une race officiellement reconnue par la Société Centrale Canine Nationale.
Disparu depuis près d’un demi-siècle, on s’efforce depuis peu, de favoriser sa reproduction.

Chiens de sanglier
Pour pallier cette absence, des chiens ont été importés et sont courants pour la chasse au sanglier : Porcelaine, fauve de Gascogne, bleu de Bretagne, bruno du Jura, gascon Saint-Angeois.